Qu’est-ce que la kératoconjonctivite sèche (KCS) chez le chien ?

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Qu’est-ce que la kératoconjonctivite sèche (KCS) chez le chien
Dr Jean-Philippe Taupin

Dr Jean-Philippe Taupin

CES Ophtalmologie

Clinique vétérinaire du Pont Gabriel
Date de publication : 27/07/2026

Comprendre la maladie et repérer les signes d’alerte

Votre chien cligne souvent des yeux, se gratte le museau ou présente un œil rouge et sec ? Ces signes peuvent indiquer une affection fréquente mais sérieuse : la kératoconjonctivite sèche, aussi appelée KCS. Cette maladie oculaire chronique se traduit par une production insuffisante de larmes, or, les larmes sont essentielles pour protéger et nourrir l’œil. Sans elles, la cornée s’irrite, s’abîme… et la vue de votre compagnon peut être menacée. Heureusement, avec un diagnostic précoce et un traitement adapté, la KCS peut être bien contrôlée.

Dans cet article :

Pourquoi les larmes sont essentielles à la santé des yeux

Le rôle protecteur des larmes

Les larmes forment un film protecteur qui recouvre la surface de l’œil. Ce film hydrate, nourrit, et débarrasse l’œil des poussières ou agents infectieux. Il contient aussi des enzymes et des anticorps qui protègent la cornée contre les microbes.

Que se passe-t-il quand il n’y en a plus assez ?

Quand les glandes lacrymales produisent moins de larmes que nécessaire, l’œil devient sec. Cette sécheresse fragilise la cornée, entraînant irritations, inflammations, voire ulcères. C’est le mécanisme principal de la kératoconjonctivite sèche.

Comment reconnaître une kératoconjonctivite chez son chien ?

Les symptômes les plus fréquents

Les signes d’une KCS peuvent être discrets au début. Voici les plus fréquents :

  • Yeux rouges ou irrités
  • Sécrétions épaisses, collantes ou purulentes
  • Clignement excessif ou fermeture de l’œil
  • Frottement du visage avec les pattes ou contre les meubles
  • Aspect terne ou mat de la cornée

Signes d’évolution : ce qu’il ne faut pas ignorer

Avec le temps, la sécheresse oculaire peut provoquer des lésions plus graves : ulcères cornéens, pigmentation anormale de la cornée, voire perte partielle de la vision. C’est pourquoi il est essentiel d’agir dès les premiers signes.

Les causes possibles de la KCS

Origine auto-immune : une cause fréquente

Chez de nombreux chiens, la KCS est liée à un dysfonctionnement du système immunitaire. Les glandes lacrymales sont attaquées par les propres cellules de l’animal, ce qui réduit leur capacité à produire des larmes : c’est ce qu’on appelle une origine auto-immune.

Médicaments et interventions chirurgicales

Certains traitements (notamment à base de sulfamides) ou une chirurgie du canal lacrymal peuvent entraîner une diminution de la production de larmes. De même, des lésions du nerf facial peuvent avoir un effet similaire.

Définition : Les sulfamides sont une famille de médicaments antibactériens utilisés pour traiter certaines infections. Chez le chien, ils peuvent parfois être prescrits pour des problèmes de peau ou digestifs.

Autres causes : infections, traumatismes, prédispositions raciales

Des infections, des maladies hormonales (comme l’hypothyroïdie) ou un traumatisme peuvent aussi être en cause. Enfin, certaines races sont génétiquement prédisposées à la KCS : le Bouledogue Français, le Shih Tzu, le Lhassa Apso, le Pékinois, le Cavalier King Charles ou encore le Westie.

Si votre chien appartient à l’une de ces races, restez particulièrement attentif et n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire.

Diagnostic vétérinaire : comment se passe la consultation ?

L’examen clinique de l’œil

Le vétérinaire commence par examiner l’œil de votre chien à la lampe. Il observe l’état de la cornée, des conjonctives (fine membrane transparente qui recouvre la surface interne des paupières et le blanc de l’œil), la présence de sécrétions, ou de lésions visibles.

Le test de Schirmer : mesurer la production de larmes

Pour confirmer une KCS, on utilise un test simple et indolore : le test de Schirmer. Il consiste à placer une petite bandelette de papier absorbant sous la paupière, pour mesurer le volume de larmes produites en une minute. Si le résultat est inférieur à la normale, le diagnostic est établi.

Plus tôt la kératoconjonctivite est prise en charge, plus les traitements sont efficaces et permettent de préserver la vision de votre chien. N’attendez pas que les symptômes s’aggravent et consultez votre vétérinaire.

Quel traitement pour la kératoconjonctivite sèche ?

Les collyres immunomodulateurs

En cas de KCS d’origine auto-immune, le traitement repose souvent sur des collyres à base de cyclosporine. Ce médicament permet de calmer l’inflammation et de relancer la production de larmes. Le traitement est généralement à vie, mais bien toléré.

Les larmes artificielles et soins complémentaires

En complément, des larmes artificielles peuvent être prescrites pour hydrater l’œil. Elles se présentent généralement sous forme de collyres, c’est-à-dire des solutions liquides dans de petites pipettes.

Le vétérinaire peut aussi recommander des antibiotiques ou des anti-inflammatoires, selon l’état de la cornée.

Suivi à long terme : une routine à adopter

Le suivi est indispensable. Des contrôles réguliers permettent d’ajuster les traitements et de vérifier que la maladie reste bien contrôlée. Une bonne routine à la maison, avec des soins oculaires doux, contribue au confort de votre chien :

  • L’application régulière des collyres prescrits selon les conseils du vétérinaire. La régularité est essentielle pour maintenir l’hydratation et limiter l’inflammation.
  • Nettoyer doucement les yeux avec un linge propre et humide si des sécrétions collantes apparaissent pour éviter l’accumulation de bactéries et réduire l’irritation.
  • Observer quotidiennement l’état des yeux, vérifier qu’il n’y ait pas d’aggravation des rougeurs, de douleur, ou d’autres symptômes comme un clignement excessif.
  • Limiter l’exposition aux irritants : éviter les environnements poussiéreux, les vents forts, ou la fumée, qui peuvent aggraver la sécheresse et l’inconfort.

Peut-on prévenir la KCS ?

Si votre chien appartient à une race prédisposée, pensez à faire vérifier ses yeux régulièrement, même en l’absence de symptômes. De plus, ne laissez jamais une conjonctivite traîner sans traitement et évitez l’usage prolongé de certains collyres sans l’avis de votre vétérinaire.

Un contrôle annuel chez votre vétérinaire permet de détecter les premiers symptômes de KCS, surtout chez les chiens âgés ou sujets à d’autres maladies chroniques.

Pourquoi il est important de consulter rapidement

Sans soins, la KCS peut conduire à une détérioration irréversible de la cornée, voire à une perte de la vision. Les douleurs oculaires chroniques sont également très inconfortables pour l’animal.

Le vétérinaire dispose des outils nécessaires pour établir un diagnostic précis, mettre en place le bon traitement et assurer un suivi adapté à votre chien. Une prise en charge rapide change peut donc tout changer pour votre animal.

Pour conclure que la kératoconjonctivite sèche (KCS)

La kératoconjonctivite sèche (KCS) est une maladie des yeux fréquente chez le chien, due à une production insuffisante de larmes. Elle provoque gêne, rougeur, sécrétions et parfois des complications graves. Grâce à un diagnostic rapide et à un traitement adapté, elle peut être contrôlée efficacement.

Si vous remarquez que votre chien se frotte les yeux ou présente des signes de gêne oculaire, n’attendez pas : une consultation chez votre vétérinaire est le meilleur réflexe pour préserver sa vue… et son confort.

Prenez rendez-vous en toute confiance

La santé des yeux de votre animal est importante. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter un vétérinaire spécialisé en ophtalmologie.

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