Votre chien cligne souvent des yeux, se gratte le museau ou présente un œil rouge et sec ? Ces signes peuvent indiquer une affection fréquente mais sérieuse : la kératoconjonctivite sèche, aussi appelée KCS. Cette maladie oculaire chronique se traduit par une production insuffisante de larmes, or, les larmes sont essentielles pour protéger et nourrir l’œil. Sans elles, la cornée s’irrite, s’abîme… et la vue de votre compagnon peut être menacée. Heureusement, avec un diagnostic précoce et un traitement adapté, la KCS peut être bien contrôlée.
Dans cet article :
Les larmes forment un film protecteur qui recouvre la surface de l’œil. Ce film hydrate, nourrit, et débarrasse l’œil des poussières ou agents infectieux. Il contient aussi des enzymes et des anticorps qui protègent la cornée contre les microbes.
Quand les glandes lacrymales produisent moins de larmes que nécessaire, l’œil devient sec. Cette sécheresse fragilise la cornée, entraînant irritations, inflammations, voire ulcères. C’est le mécanisme principal de la kératoconjonctivite sèche.
Les signes d’une KCS peuvent être discrets au début. Voici les plus fréquents :
Avec le temps, la sécheresse oculaire peut provoquer des lésions plus graves : ulcères cornéens, pigmentation anormale de la cornée, voire perte partielle de la vision. C’est pourquoi il est essentiel d’agir dès les premiers signes.
Chez de nombreux chiens, la KCS est liée à un dysfonctionnement du système immunitaire. Les glandes lacrymales sont attaquées par les propres cellules de l’animal, ce qui réduit leur capacité à produire des larmes : c’est ce qu’on appelle une origine auto-immune.
Certains traitements (notamment à base de sulfamides) ou une chirurgie du canal lacrymal peuvent entraîner une diminution de la production de larmes. De même, des lésions du nerf facial peuvent avoir un effet similaire.
Définition : Les sulfamides sont une famille de médicaments antibactériens utilisés pour traiter certaines infections. Chez le chien, ils peuvent parfois être prescrits pour des problèmes de peau ou digestifs.
Des infections, des maladies hormonales (comme l’hypothyroïdie) ou un traumatisme peuvent aussi être en cause. Enfin, certaines races sont génétiquement prédisposées à la KCS : le Bouledogue Français, le Shih Tzu, le Lhassa Apso, le Pékinois, le Cavalier King Charles ou encore le Westie.
Si votre chien appartient à l’une de ces races, restez particulièrement attentif et n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire.
Le vétérinaire commence par examiner l’œil de votre chien à la lampe. Il observe l’état de la cornée, des conjonctives (fine membrane transparente qui recouvre la surface interne des paupières et le blanc de l’œil), la présence de sécrétions, ou de lésions visibles.
Pour confirmer une KCS, on utilise un test simple et indolore : le test de Schirmer. Il consiste à placer une petite bandelette de papier absorbant sous la paupière, pour mesurer le volume de larmes produites en une minute. Si le résultat est inférieur à la normale, le diagnostic est établi.
Plus tôt la kératoconjonctivite est prise en charge, plus les traitements sont efficaces et permettent de préserver la vision de votre chien. N’attendez pas que les symptômes s’aggravent et consultez votre vétérinaire.
En cas de KCS d’origine auto-immune, le traitement repose souvent sur des collyres à base de cyclosporine. Ce médicament permet de calmer l’inflammation et de relancer la production de larmes. Le traitement est généralement à vie, mais bien toléré.
En complément, des larmes artificielles peuvent être prescrites pour hydrater l’œil. Elles se présentent généralement sous forme de collyres, c’est-à-dire des solutions liquides dans de petites pipettes.
Le vétérinaire peut aussi recommander des antibiotiques ou des anti-inflammatoires, selon l’état de la cornée.
Le suivi est indispensable. Des contrôles réguliers permettent d’ajuster les traitements et de vérifier que la maladie reste bien contrôlée. Une bonne routine à la maison, avec des soins oculaires doux, contribue au confort de votre chien :
Si votre chien appartient à une race prédisposée, pensez à faire vérifier ses yeux régulièrement, même en l’absence de symptômes. De plus, ne laissez jamais une conjonctivite traîner sans traitement et évitez l’usage prolongé de certains collyres sans l’avis de votre vétérinaire.
Un contrôle annuel chez votre vétérinaire permet de détecter les premiers symptômes de KCS, surtout chez les chiens âgés ou sujets à d’autres maladies chroniques.
Sans soins, la KCS peut conduire à une détérioration irréversible de la cornée, voire à une perte de la vision. Les douleurs oculaires chroniques sont également très inconfortables pour l’animal.
Le vétérinaire dispose des outils nécessaires pour établir un diagnostic précis, mettre en place le bon traitement et assurer un suivi adapté à votre chien. Une prise en charge rapide change peut donc tout changer pour votre animal.
La kératoconjonctivite sèche (KCS) est une maladie des yeux fréquente chez le chien, due à une production insuffisante de larmes. Elle provoque gêne, rougeur, sécrétions et parfois des complications graves. Grâce à un diagnostic rapide et à un traitement adapté, elle peut être contrôlée efficacement.
Si vous remarquez que votre chien se frotte les yeux ou présente des signes de gêne oculaire, n’attendez pas : une consultation chez votre vétérinaire est le meilleur réflexe pour préserver sa vue… et son confort.
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