La thromboembolie aortique chez le chat

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La thromboembolie aortique chez le chat
Tiphaine PERAS

Tiphaine PERAS

Intervenante pour ProVéto Junior Conseil

Date de publication : 19/10/2026

Signes et prévention

Certaines maladies chez le chat peuvent apparaître de manière brutale et mettre en danger sa vie en quelques heures. C’est le cas de la thromboembolie aortique, une pathologie grave, encore peu connue des propriétaires, mais bien identifiée par les vétérinaires. Elle survient souvent chez des chats atteints d’une maladie cardiaque, parfois non diagnostiquée auparavant. Cette affection nécessite une prise en charge urgente et ses conséquences peuvent être lourdes.

Dans cet article :

Qu’est-ce que la thromboembolie aortique ?

La thromboembolie aortique, parfois abrégée TEA, désigne l’obstruction d’une artère par un caillot de sang (ou thrombus), formé dans le cœur, puis transporté par la circulation sanguine jusqu’à l’endroit où il bloque le passage du sang.

Chez le chat, ce caillot se loge le plus souvent dans la partie terminale de l’aorte, juste avant que l’artère ne se divise en deux pour irriguer les pattes arrière. Cela empêche soudainement le sang d’atteindre ces membres et provoque une paralysie brutale et extrêmement douloureuse.

Il s’agit d’une urgence vétérinaire majeure, car sans intervention rapide, l’état du chat se dégrade rapidement.

Quelle est l’origine du caillot ?

Dans la très grande majorité des cas, ce type d’accident est la conséquence d’une maladie cardiaque préexistante, le plus souvent une cardiomyopathie hypertrophique (CMH). Cette affection, fréquente chez le chat, provoque un épaississement anormal du muscle cardiaque, rendant le pompage du sang moins efficace. Cela entraîne une stagnation du sang dans une partie du cœur appelée l’oreillette gauche. Ce ralentissement de la circulation favorise la formation de caillots sanguins. Si l’un de ces caillots se détache, il est entraîné dans la circulation et peut aller bloquer une artère.

Quels chats sont concernés ?

La thromboembolie aortique peut toucher tous les chats, mais certains sont plus à risque :

  • Les chats atteints de maladie cardiaque, en particulier de cardiomyopathie hypertrophique. Même s’ils sont asymptomatiques, ils peuvent être porteurs d’une maladie cardiaque sans exprimer de signes extérieurs ;
  • Les chats d’âge moyen à avancé (généralement entre 7 et 12 ans) ;
  • Les chats de certaines races sont prédisposés, comme les Maine Coons, les Ragdolls ou les British Shorthair, qui sont génétiquement plus sujets à la CMH.

Quels sont les signes d’alerte chez le chat ?

Les signes de thromboembolie aortique apparaissent brutalement et sont très marqués. Les plus fréquents sont :

  • Une paralysie soudaine des pattes arrière : le chat ne peut plus se lever ou se déplace difficilement en traînant ses membres postérieurs ;
  • Une douleur intense : le chat miaule fort, se débat ou semble extrêmement inconfortable ;
  • Des pattes froides au toucher, parfois avec une couleur bleuâtre ou pâle ;
  • Une respiration rapide ou difficile ;
  • Un état de choc : température corporelle basse, faiblesse générale, confusion.

Dans ce contexte, il est essentiel de consulter un vétérinaire en urgence. Chaque minute compte pour essayer de soulager l’animal et améliorer son pronostic.

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic de thromboembolie aortique repose sur plusieurs éléments :

  • L’examen clinique : le vétérinaire évalue la mobilité des pattes, leur température, leur couleur et la présence ou non du pouls fémoral (normalement ressenti sur l’intérieur de la cuisse) ;
  • Le contexte cardiaque : si le chat a déjà été diagnostiqué cardiaque ou présente un souffle, cela renforce la suspicion ;
  • Les examens complémentaires :
    • Échocardiographie : pour évaluer la structure du cœur, rechercher une cardiomyopathie ou des thrombus intracardiaques ;
    • Radiographie thoracique : pour visualiser la taille du cœur ou la présence de liquide dans les poumons ;
    • Échographie abdominale et Doppler : pour tenter de visualiser le caillot dans l’aorte ;
    • Analyses sanguines : pour surveiller les fonctions rénales, hépatiques, les paramètres de coagulation et détecter d’éventuelles complications.

Quel traitement est possible ?

La thromboembolie aortique est une affection difficile à traiter. Il n’existe pas de solution miracle et le traitement vise principalement à :

  • Soulager la douleur : grâce à des antidouleurs puissants ;
  • Stabiliser l’état général : maintien de la température corporelle, perfusion pour soutenir la circulation ;
  • Administrer des antiagrégants plaquettaires : ces médicaments anticoagulants sont parfois donnés pour limiter la formation de nouveaux caillots ;
  • Surveiller la récupération des membres postérieurs : dans certains cas, une amélioration est possible en quelques jours.

Il n’existe actuellement pas de traitement chirurgical ou thrombolytique standardisé et efficace chez le chat comme cela peut être le cas chez l’humain. Les risques liés à ces techniques sont trop élevés dans cette espèce.

Quel est le pronostic ?

Le pronostic dépend de plusieurs facteurs :

  • La gravité des lésions : si un seul membre est touché, les chances de récupération sont légèrement supérieures que lorsque les deux pattes sont paralysées ;
  • La rapidité de prise en charge : un chat vu dans les premières heures voit ses chances de récupération augmenter ;
  • L’état du cœur : une maladie cardiaque sévère, avec un cœur déjà très abîmé, aggrave le pronostic ;
  • La réponse au traitement : si l’état général du chat s’améliore dans les 48 à 72 heures, la récupération est possible, mais souvent partielle.

Malheureusement, le taux de mortalité reste élevé. Dans de nombreux cas, une euthanasie est envisagée si la douleur est trop importante ou si la récupération semble impossible.

Cependant, certains chats peuvent récupérer partiellement ou totalement avec un traitement médical adapté et vivre encore plusieurs mois ou années avec un suivi rigoureux.

Peut-on prévenir cette maladie ?

La prévention repose sur deux axes principaux :

1.    Le dépistage des maladies cardiaques

Certains chats vivent avec une cardiomyopathie sans montrer de signe pendant des années. Une échographie cardiaque peut être réalisée chez les chats susceptibles d’avoir une maladie cardiaque. L’examen permet de détecter la maladie avant que des complications graves n’apparaissent.

Chez les chats diagnostiqués cardiaques, une surveillance régulière est essentielle.

2. Le traitement préventif

Chez les chats atteints de maladie cardiaque à risque, des médicaments comme le clopidogrel peuvent être prescrits en prévention pour réduire le risque de formation de caillots. Une gestion adaptée de la maladie cardiaque (médicaments, suivi échographique, contrôle de la fréquence respiratoire) permet aussi de limiter les complications.

Que faire en cas de doute ?

Si votre chat a un souffle cardiaque détecté lors d’une consultation, semble essoufflé au repos, respire anormalement vite ou présente un comportement inhabituel ou une faiblesse des pattes, il est important de consulter rapidement afin d’établir un bilan cardiaque.

En conclusion

La thromboembolie aortique chez le chat est une maladie brutale et grave. Elle provoque une paralysie douloureuse des pattes arrière et est souvent liée à une maladie cardiaque sous-jacente. Elle nécessite une prise en charge en urgence, mais le traitement reste délicat et le pronostic réservé. La clé réside dans la vigilance des propriétaires et le dépistage précoce des maladies cardiaques. Même si cette affection peut être dramatique, des mesures préventives existent pour en réduire le risque et certains chats peuvent vivre encore longtemps avec un suivi vétérinaire attentif.

Prenez rendez-vous en toute confiance

Prenez rendez-vous chez votre vétérinaire pour faire le point sur la santé de votre chat.

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