Les maladies respiratoires chez le cheval

Equins et bovins
maladies respiratoires chez le cheval
Tiphaine PERAS

Tiphaine PERAS

Intervenante pour ProVéto Junior Conseil

Date de publication : 13/07/2026

Causes et prévention

Les maladies respiratoires figurent parmi les problèmes de santé les plus fréquents chez les chevaux, quel que soit leur mode de vie. En effet, le cheval est un animal dont les poumons et les voies respiratoires sont très sollicités. La moindre gêne peut avoir un impact important sur son confort, ses performances et sa santé. Ces maladies peuvent avoir des causes diverses : infections, allergies, environnement mal adapté… Mais elles présentent souvent des signes similaires. Une bonne connaissance des causes, des signes cliniques et surtout des mesures de prévention est essentielle pour garantir le bien-être respiratoire de nos compagnons équins.

Dans cet article :

Pourquoi le système respiratoire du cheval est-il si sensible ?

Le système respiratoire du cheval est particulièrement développé, car c’est un animal très endurant. Lors d’un effort intense, un cheval augmente sa fréquence respiratoire et mobilise de très grands volumes d’air. Cette efficacité repose sur des structures fines et délicates (comme les alvéoles pulmonaires) qui sont vulnérables aux produits irritants, aux infections et aux allergies.

Contrairement à l’humain, le cheval ne peut pas respirer par la bouche et ne respire que par les naseaux. Cela signifie donc que toute obstruction nasale ou trachéale peut rapidement entraîner une détresse respiratoire.

Les principales maladies respiratoires chez le cheval

Les infections respiratoires aiguës les plus fréquentes sont d’origine virale ou bactérienne. On peut citer :

  • La grippe équine, qui est une maladie virale très contagieuse, provoquant une toux sèche, de la fièvre, des écoulements nasaux et une fatigue ;
  • La rhinopneumonie (EHV-1 / EHV-4) qui provoque une forme respiratoire proche de la grippe, mais aussi des troubles neurologiques ou des avortements ;
  • La gourme est une infection bactérienne très contagieuse, caractérisée par des écoulements purulents, de la fièvre et des ganglions enflés.

Ces maladies sont souvent observées dans les centres équestres et les concours, où les chevaux sont en contact rapproché. Elles nécessitent un isolement, un traitement adapté et parfois un arrêt de travail prolongé.

Les affections respiratoires chroniques

Ces maladies touchent généralement des chevaux adultes ou âgés et sont souvent liées à l’environnement. C’est le cas notamment de l’emphysème pulmonaire, aussi appelé asthme équin et qui est assez proche de l’asthme humain. Il est provoqué par une réaction inflammatoire chronique aux poussières (foin, litière, spores de moisissures). Il engendre une toux persistante, des difficultés respiratoires et une baisse des performances.

Les problèmes mécaniques ou anatomiques

Certains chevaux peuvent souffrir de troubles fonctionnels :

  • Cornage : bruit inspiratoire dû à une paralysie d’un cartilage du larynx, souvent chez les chevaux de grande taille ;
  • Dysfonctionnement du voile du palais : gêne respiratoire à l’effort, souvent associée à un bruit expiratoire ou un arrêt brutal de l’effort.

Les signes à surveiller

Il est important de connaître les signes d’appel d’un problème respiratoire. Voici les principaux :

  • Toux fréquente, surtout au début du travail ou au repos ;
  • Écoulement nasal (clair, épais ou purulent) ;
  • Difficultés à respirer : respiration rapide ou bruyante, souffle court ;
  • Baisse d’énergie, fatigue anormale à l’effort ;
  • Perte d’appétit, fièvre, abattement dans les cas infectieux ;
  • Efforts visibles pour respirer, avec engagement des muscles abdominaux (« coup de flanc »).

Tout changement dans le comportement respiratoire d’un cheval doit être pris au sérieux. Plus une maladie est détectée tôt, plus la prise en charge par un vétérinaire est efficace.

Les facteurs de risque à connaître

Plusieurs éléments favorisent l’apparition de maladies respiratoires chez le cheval :

  • Environnement poussiéreux : foin sec mal stocké, litière de paille, mauvaise ventilation ;
  • Confinement prolongé en box, surtout en hiver ;
  • Stress et transport : altèrent les défenses immunitaires ;
  • Vaccinations incomplètes ou absentes ;
  • Contact avec des chevaux extérieurs, notamment en concours ou pension ;
  • Âge avancé ou immunodépression.

Comment prévenir les maladies respiratoires ?

Adapter l’environnement

L’amélioration des conditions de vie est la première mesure de prévention :

  • Aération des écuries : éviter l’humidité stagnante, les courants d’air, mais assurer une ventilation constante ;
  • Limiter la poussière : privilégier la litière en copeaux ou lin dépoussiérés plutôt que la paille. Arroser les sols si nécessaire ;
  • Foin humide ou ensilage : le trempage du foin ou l’usage de foin enrubanné réduit la charge en poussières et spores ;
  • Sorties quotidiennes : permettre au cheval de respirer un air plus sain au paddock ou au pré.

Maintenir une hygiène stricte

Un environnement propre est un pilier essentiel de la prévention des maladies respiratoires. Cela passe par :

  • Nettoyer régulièrement les abreuvoirs, mangeoires, murs de box ;
  • Retirer les crottins et fumier pour limiter les émanations d’ammoniac ;
  • Isoler les chevaux malades pour éviter la propagation de maladies.

Suivre le protocole vaccinal

La vaccination permet de réduire la fréquence et la gravité des infections :

  • Grippe équine : tous les 6 à 12 mois selon les recommandations ;
  • Rhinopneumonie : notamment chez les chevaux de sport ou reproducteurs.

Ces vaccins sont souvent exigés en concours et doivent être enregistrés dans le carnet de santé.

Réaliser des soins réguliers

Un suivi vétérinaire régulier permet de dépister précocement les troubles respiratoires. En cas de toux persistante, une fibroscopie ou un lavage trachéal peuvent être envisagés pour identifier la cause. Un bilan sanguin ou des radiographies peuvent également être réalisés si l’état du cheval l’exige.

Traitements possibles

Le traitement dépend bien sûr de la cause. Lors d’infection, le vétérinaire pourra prescrire :

  • Des antibiotiques ou des antiviraux lors d’infections ;
  • Des anti-inflammatoires pour réduire l’inflammation des voies respiratoires ;
  • Des bronchodilatateurs ou des corticoïdes, par voie orale, injectable ou en aérosol dans les cas d’asthme équin.

Dans certains cas, une nébulisation (inhalation) de médicaments directement dans les poumons est recommandée. Des appareils spécifiques existent pour administrer les traitements efficacement sans stresser le cheval.

Par ailleurs, il est essentiel d’améliorer l’environnement du cheval lors de pathologies chroniques.

Les chevaux de sport

Chez les chevaux de sport, toute baisse de performance doit faire suspecter un trouble respiratoire, surtout s’il est associé à de la toux ou à un effort respiratoire accru.

Les chevaux exposés aux transports fréquents, aux concours et aux contacts avec des chevaux extérieurs doivent faire l’objet d’un suivi rapproché, avec une vaccination rigoureuse et un temps de repos après tout épisode infectieux.

Conclusion

Les maladies respiratoires chez le cheval sont fréquentes, parfois bénignes, mais souvent sous-estimées. Elles peuvent impacter directement la qualité de vie du cheval, son confort, ses performances et sa longévité.

La meilleure arme reste la prévention, à travers un environnement sain, une hygiène rigoureuse, des soins adaptés et un suivi vétérinaire régulier. En cas de doute, une toux persistante, même légère, mérite toujours un avis professionnel.

Prenez rendez-vous en toute confiance

Prenez rendez-vous chez votre vétérinaire pour faire le point sur la santé de vos chevaux.

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